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Allocution de Roger Bieron lors de la remise de sa Légion d’Honneur

Chers Amis

En cet instant mon émotion est très forte, je ne m’attendais pas à recevoir cette distinction.

Merci, cher Roger Ouvrard pour avoir accepté d’être mon parrain et merci pour tes propos à mon égard, ils me touchent.

Je m’associe aux remerciements que tu as adressés aux personnalités qui sont avec nous en cet instant.

Je remercie aussi ma famille ici présente ainsi que tous les amis et camarades qui contribuent au bon déroulement de cette cérémonie.

Je suis conscient que cette décoration qu’on me remet ne me concerne pas uniquement mais rend aussi hommage à tous ceux qui ont combattu le nazisme. En ce moment privilégié, je voudrais y associer les noms de cinq camarades de mon groupe des Francs-Tireurs et Partisans Français que j’ai connus et qui sont disparus dans la tourmente:

BELLEC Robert 19 ans de Sannois fusillé au Mont Valérien le 02 octobre 1943

 

VERMASSEN Robert 20 ans de Sannois fusillé au Mont Valérien le 02 octobre 1943

 

POZZI Roger 20 ans de Sannois mort au combat le 9 décembre 1942

 

PONCELET Roger, 23ans, de Colombes, fusillé au Mont Valérien le 23 octobre 1943

 

BRIAND René, 23 ans, d’Argenteuil, fusillé lors de son transport en déportation le 29 juillet 1944

 

C’est un matin d’octobre 1940 que le hasard concrétisa mon hostilité à l’encontre des troupes nazies qui occupaient le territoire depuis trois mois.

Je venais de réintégrer l’Ecole Pratique d’Industrie d’Argenteuil au 173 boulevard Jean Jaurès pour effectuer ma troisième année d’apprentissage.

Dans la cour de récréation je lisais un tract qui avait été jeté par-dessus la clôture pendant la nuit. Il émanait du Parti Communiste clandestin et dénonçait les pillages effectués dans les fermes par l’occupant allemand et ses conséquences sur la population. Le texte me convenait et son origine m’importait peu.

Maurice, un élève de deuxième année constatant mon accord me demande si j’accepterais d’aider les clandestins à diffuser les tracts et je répondis: « oui »

Ce récit peut paraître aujourd’hui incroyable mais ceux qui parviennent à s’insérer dans le contexte de l’époque ne doutent pas de sa sincérité.

En effet, avant sa naissance la Résistance, a connu une période de balbutiements, d’hésitations, ou de décisions simplistes.

Maurice avait quinze ans et moi seize.

Mille chemins inconnus pouvaient conduire à ce qui deviendra la Résistance. Ce fut le mien. Et le « oui » que je donnais à ce camarade d’école représente le début du long chemin qui m’a conduit jusqu’à vous aujourd’hui.

Ce chemin fut cruel : aide au combat urbain des francs-tireurs, arrestation par les supplétifs français de la gestapo, tortures, vingt-huit mois d’enfer concentrationnaire et les années de tuberculose qui suivirent

Mais nous étions enthousiastes portés par notre utopie, persuadés que de notre lutte naîtra un monde de justice et de bonheur…

 

En hommage à mes camarades de combat je veux conclure ces quelques mots par une phrase extraite de la dernière lettre de Roger Poncelet avant son exécution et qui exprimait nos sentiments à tous :

 

« Je ne regrette rien. Je me suis mis au service d’une cause qui rendra notre pays heureux »

 

Chers Amis, Merci à tous

 

Remise d’insigne de chevalier de la Légion d’Honneur (allocution du récipiendaire)

Le 25 avril 2015

 

 

 

 

 

 

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