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Hommage à Gabriel Péri, le 15 décembre

Discours de Séverine Kaoua, membre de l'exécutif départemental

Cérémonie pour 71 ème anniversaire de la mort de Gabriel Péri.

 

Chers amis, chers camarades,

Nous nous retrouvons aujourd’hui pour rendre hommage à Gabriel Péri, ce grand Homme : homme politique, député, journaliste.

Je remercie pour leurs présences :

  • Dominique Lesparre : maire de Bezons et conseiller général du Val d’Oise
  • Francis Parny: vice Président du Conseil Régional et membre de l’exécutif national du PCF
  • Marie Josée Cayzac : conseillère régionale
  • Jean-Michel Ruiz : secrétaire départemental du PCF
  • Mouloud Bousselat : président du groupe communiste à la mairie d’Argenteuil et secrétaire de la section PCF d’Argenteuil
  • Philippe Noël : secrétaire de la section du PCF de Bezons
  • Roger Ouvrard : maire et conseiller général honoraire d’Argenteuil
  • Daniel Renard : président de l’amicale des vétérans du PCF
  • Christiane Leser : présidente de l’amicale des vétérans du 95

Je tiens aussi à remercier par sa présence et sa fidélité à cette cérémonie : Patrick Le Hyaric, député européen et directeur de l’Humanité. 

Rappeler la mémoire de Gabriel Péri, c’est rendre vivant les mots « député, journaliste, résistant, fusillé par les nazis » en 1941.

C’est mettre en exergue une vie qui semble tellement loin dans le temps mais malheureusement tellement proche dans les luttes.

Gabriel Péri, s’est éveillé à la vie pensante dans un monde encore en guerre. Nous sommes en 1918  à Marseille, Péri a 16 ans. La guerre, dont nous ne savions pas alors qu’elle ne serait pas la dernière, fut, selon lui «  le grand fait en fonction duquel il conçu sa vie ».

Il chercha, au delà de la souffrance, au delà des communications officielles, l’interprétation, la source, dont la guerre fût le prétexte. Il trouva le matérialisme historique, qui tend à expliquer les événements de l’histoire par les conditions économiques et son principal théoricien Karl Marx. Il vit dans cette description une sorte de prémonition. Le monde lui était expliqué, ainsi que les raisons du mal profond qui l’habite. Le socialisme lui apparût alors comme, je cite, « le formidable rassemblement d’hommes commis à rénover l’humanité ».

La révolution russe mit un terme à ses projets de vie confortable : fonder une famille, obtenir un travail intéressant et à la marge, défendre la politique socialiste. La lutte politique et la révolution ne pouvaient pas être « la marge » ; elles seraient « l’essentiel… sa vie ». Nous sommes en 1919, Péri a 17 ans. Cette adhésion d’abord intellectuelle n’en sera pas moins exemplaire, intègre et fidèle..

La construction européenne et sa paix mal assise lui firent prendre la plume, qu’il ne quittera plus ; tout comme les questions internationales.  Il publie alors dans la revue Clarté, fondée par Barbusse et Vaillant-Couturier. Après la constitution du Parti Communiste, il écrit  fréquemment pour Avant-Garde, l’hebdomadaire des Jeunesses Communistes ainsi que dans l’Humanité.

A même pas 20 ans, en 1921, alors que la France mène la politique dite « des sanctions » contre l’Allemagne, il engagea un combat qui dura toute sa vie : la promotion de la fraternité et de la paix entre les peuples. Il était convaincu qu’un peuple qui en opprime un autre n’est ni un peuple libre, ni un peuple heureux. L’Histoire lui et nous prouva, que l’intérêt de la France était plutôt dans l’avènement des idéaux progressiste en Allemagne que dans le développement du chauvinisme fasciste en réaction à cette guerre de revanche.  Aussi juste fut cette cause, elle lui valut, comme à beaucoup d’autres résistants, l’incarcération.

Un an plus tard, Péri rejoignit Paris pour diriger le secrétariat de la Fédération des Jeunesses Communistes et notamment, le journal Avant-Garde. Ses nombreux voyages et autres congrès internationaux de Jeunesse furent son apprentissage de journaliste communiste. En 1924, à 22 ans, il devient donc chef du service politique étrangère du journal l’Humanité. De ses 2 maîtres, Marcel Cachin et Paul Vaillant-Couturier, il dira « c’est d’eux que j’ai appris à concevoir mon métier de journaliste comme un enseignement ». Il exercera cette fonction jusqu’en 1939, année à laquelle le quotidien sera interdit de parution.

Au sein du Parti Communiste, dont il devient membre du comité central aussi en 1924,  et à la rédaction de l’Humanité, son esprit libre, anticonformiste, pour ne pas dire antidoctrinaire, lui valurent de nombreuses récriminations et sa mise à l’écart lors du congrès de 1929 qui consacrait la tactique « classe contre classe ». Il pourra réintégrer le comité en 1932, en tant que suppléant.  

Il ne cessera, au travers de nombreux papiers, de dénoncer le danger fascite, en Italie, contre Mussolini, comme en Espagne par la défense de la république espagnole contre la politique de non intervention. Il s’appliqua aussi, à familiariser le public français avec les questions du Pacifique et de la Chine, et particulièrement les dangers qui menaçaient l’Indochine. Ses qualités d’écriture, sa sagacité politique et son opiniâtreté journalistique lui valurent la reconnaissance de ses pairs (il publiait alors dans 6 revues internationales), de ses opposants et des militants bien sûr.

Député d’Argenteuil à 30 ans, en 1932 et réélu en 1936, il intervient dans tous les débats de politique étrangère et s’impose, à l’hémicycle et à la commission des affaires étrangères (dont il fût vice-président), comme un parlementaire des plus compétents dans le domaine des relations internationales et diplomatiques. Il promeut alors le désarmement en Allemagne et préconise l’annulation des dettes américaines au nom du sauvetage de la paix. Il était persuadé que, je cite « la force d’un pays réside avant tout dans la conviction qu’on ses enfants, qu’ils ne sont pas les gardiens de quelques privilèges, mais les défenseurs de droits, de libertés, d’acquisitions sociales qui leur appartiennent en propre ».

 La pacification des relations humaines passait aussi par le rassemblement des forces de gauche autour du Front Populaire, dont Péri défendra l’élection des candidats, pour le programme.

 Quant éclate « l’orage du 23 aout 1939 : la signature du pacte germano-soviétique », Péri s’abstient d’approuver la nouvelle orientation de la diplomatie soviétique ; ce qui entrainera, de nouveau, des tensions avec certains dirigeants communistes. 

 Il aura tout juste le temps de voir naitre, fin 1941, la politique d’union contre le nazisme, qu’il a tant défendue. Il sera arrêté sur dénonciation le 18 mai de cette année et fusillé le 15 décembre au Mont Valérien.

Nous, les enfants d’hier, camarades et amis d’aujourd’hui, sommes convaincus d’être les défenseurs des droits, des libertés et des acquis sociaux, qui ne sont pas nos privilèges mais les biens communs de l’humanité à défendre génération après génération.

Quand le respect des idées, cher à Péri, et le respect d’un foncement de notre république, la laïcité, est mise à mal par le Maire d’Argenteuil en instaurant lors du dernier conseil municipal « un conseil des cultes » qui permettrait de réfléchir à l’amélioration du vivre-ensemble. Que dirait « celui qui n’y croyait pas.. au ciel», n’aimait-il pas autant la Belle que « celui qui y croyait » ? 

Quand la justice sociale ne protègera plus de plus en plus de nos concitoyens qui deviennent pauvres et particulièrement les jeunes. A quelques jours de la conférence sociale initiée par le gouvernement, l’INSEE révélait que 500 000 personnes supplémentaires ont basculé sous le seuil de pauvreté de 2009 à 2010 et que cette augmentation continue. Aujourd’hui ce serait presque 15% de la population française, soit environ 9 millions de personnes, qui sont pauvres, c’est-à-dire qui vivent avec moins de 960€ par mois. Et plus de la moitié ont moins de 34 ans. Sans compter que près d’un jeune sur cinq est au chômage, la jeunesse est donc en première ligne. Ne laissons plus la jeunesse être la variable d’ajustement pour un patronat en quête de flexibilité. Sortons de la précarisation, des stages, des temps partiels subis. Créons un véritable statut social pour les jeunes permettant leur autonomie. Exprimons avec autant de franchise que Péri sur le soutien à la jeunesse, qui répondait, à ceux qui la lui reprochait : « je répondrai, devant cette jeunesse qui est l’avenir, j’aurai rougi de dissimuler ma pensée d’avenir ».

 

Quand la paix et le droit des peuples palestiniens sont menacés par le gouvernement israélien qui amplifie la colonisation des territoires suite à la reconnaissance de la Palestine comme état observateur de l’Organisation des Nations Unies le 29 novembre dernier. Ne laissons pas renier le vote de l’ONU, réaffirmons l’esprit de la justice et du droit contre les logiques de la domination et de la force.

Je conclurai en souhaitant que soit reconnue la valeur de nos grands Hommes et Femmes, à l’instar de Maurice Audin. Et que le chef de l’Etat fasse ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’a su faire ; en reconnaissant officiellement que le jeune mathématicien communiste, Maurice Audin, est mort sous la torture. Il faut une condamnation de ce qui a été fait au nom de la France en Algérie.

Entretenir la mémoire de Gabriel Péri, c’est penser à ces lendemains qu’il voulait construire meilleurs, c’est préparer des « lendemains qui chantent ».

 

Je vous remercie de votre attention.

 

 

 

 

 

 

Hommage à Gabriel Péri, le 15 décembre

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